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Le syndicalisme, pour quoi faire ?

C’est fou comme le syndicalisme – dans son sens le plus courant, c’est-à-dire lorsqu’il s’applique à l’action des syndicats de salariés – ennuie. Il fait presque vieux jeu.  Rien n’est moins grisant que de jouer collectif à l’heure où Emmanuel Macron parle d’initiative individuelle, de libéralisme et d’audace.

Le discours de La République en marche m’a évidemment séduite. La jeunesse et le talent de son leader, tout comme ceux de son entourage politique, me faisaient l’effet d’une bombe : j’évoluais apaisée et enthousiaste, avec la vague impression qu’un ascenseur social existait quelque-part. Il suffisait de s’appuyer sur la République et de savoir « prendre son risque ». Mais j’ai rapidement compris que, même si on libère les potentiels et qu’on tente d’assurer l’égalité des chances, il n’y a, évidemment, que peu d’élus. D’où l’importance des collectifs, qui garantissent au moins de passer du premier au deuxième étage, dans le cadre d’un ascenseur de groupe qui n’aurait pas de poids maximal autorisé…

Dans les fruits et légumes, le syndicalisme est tout aussi puissant. Il permet même d’agir sur le réel avec une très grande réactivité, comme ce fut le cas en ce début de d’été très chaotique. Des producteurs des Pyrénées-Orientales, du Gard, du Vaucluse et des Bouches-du-Rhône ont déversé leur colère devant des enseignes qui, en pleine saison française, pratiquaient encore le produit d’import à tarif cassé, allant même, parfois, à user de stratagèmes retors pour dissimuler les origines de leurs produits importés.

C’est là que le bât blesse, finalement, quand la GMS qui trompe son consommateur sur l’origine. Parce qu’au final, une enseigne fait bien ce qu’elle veut, non ? Devrons-nous toujours nous battre sur des parkings, vider des rayons, piquer des caddies, déverser des bennes, parce que la distribution ne va pas toujours dans le sens du business « Made in France » ? L’Origine France est-elle un sésame qui garantit la mise en rayon au détriment de la concurrence ?

Evidemment que non. En réalité, le rôle du syndicalisme est d’instaurer des relations de confiance et de proximité avec les opérateurs, tout en évitant les écueils de la contractualisation (ou alors, au contraire, faut-il travailler à la contractualisation ? Je m’interroge.) Agir sur le réel, oui, mais en douceur.

Et rien n’interdit de casser une ou deux assiettes de temps en temps.

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